L'Hippodrome de Montmartre

• Splendeur et décadence (partie 2/2)
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Inauguré en 1900, l’ancien Hippodrome de Montmartre est racheté en 1911 par Léon Gaumont et devient alors le Gaumont Palace. La salle, transformée par l’architecte Auguste Barhrmann, possède des dimensions exceptionnelles (40 mètres en largeur sur 70 de profondeur et 24 en hauteur), pouvant accueillir 3400 sièges et 1600 places debout. Proportionnellement, l’écran est assez petit, puisqu’il ne mesure que 8 mètres de base, et le projecteur est installé dans une cabine isolée à l’extérieur du bâtiment.

 

 

Le spectacle est grandiose, puisqu’un orchestre de plus de 50 musiciens et choristes accompagne les projections, et comporte également des attractions de music-hall. De nombreux buffets et salles de réception permettent au public de se restaurer durant l’entracte. Plus de 10 000 lampes à incandescence et 50 lampes à arc permettent d’éclairer l’ensemble du bâtiment.

 

Le Gaumont Palace accueille dès 1912 une séance sonore synchronisée, ainsi qu’une série de films en couleur. Ces projections, réalisées à l’aide d’une caméra composée de trois objectifs et trois films différents regroupés sur la même pellicule, resteront cependant au stade expérimental pour des raisons de coût, mais sont les premières ayant permis aux spectateurs de voir des images animées en couleur... C’est également ici que sont projetées les premières Actualités-Gaumont.

 

En 1930, l’Hippodrome est finalement détruit, pour faire place un an plus tard à un bâtiment de style Art-Déco conçu par l’architecte Henri Belloc. Le Gaumont Palace devient alors le plus grand cinéma du monde ; équipée de l’air conditionné, la salle peut accueillir 6000 personnes ! Les films sont projetés sur un écran de 12 m par 11,85, et l’orchestre est remplacé par un orgue gigantesque, qui se trouve aujourd’hui au Pavillon Baltard. A noter pour l’anecdote qu’il est déjà à l’époque interdit de fumer dans la salle, contrairement aux autres cinémas.

 

 

Plus tard, le Gaumont Palace accueillera également un bar et un dancing. La salle subira plusieurs transformations au fil des années, pour s’adapter aux évolutions techniques des projections et des normes acoustiques. Mais la fréquentation s’essouffle, la mode de la Nouvelle Vague dans les années 60 encourageant les spectateurs à fréquenter des salles plus modestes et intimistes. Et malgré les travaux successifs réalisés durant ces années, avec notamment la transformation du Gaumont-Palace en Cinérama et l’installation d’un écran courbe de 600 m2, la qualité des projections au Gaumont Palace est finalement jugée trop médiocre, entrainant un nouveau projet d’immeuble et de cinéma commandé à l’architecte Georges Peynet en 1970 ; projet qui ne verra finalement jamais le jour. Le 31 mars, le Gaumont-Palace ferme définitivement ses portes dans l’indifférence générale, la société Gaumont étant contrainte de vendre le terrain et l’immeuble aux promoteurs immobiliers.

 

La salle en 1941

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La salle en 1944

 

 

La suite est sordide ; en 1973, le bâtiment est entièrement rasé, après avoir été vidé de la totalité de ses équipements et de son mobilier, jetés dans des containers en pleine rue... Heureusement, quelques éléments d’architecture et autres archives ont pu être sauvés, donnant d’ailleurs naissance au Musée Gaumont (malheureusement fermé au public). L’actuel bâtiment ne mérite pas qu’on s’y attarde, et l’on se souviendra seulement qu’à Montmartre, nous avons eu un hippodrome et le plus grand cinéma du monde !

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