Bon Jo, plus qu’un brunch, une table de quartier
À deux pas du sommet de la rue Butte, Bon Jo s’impose comme une adresse où l'on prend le temps de bien manger et de se retrouver. Petit-dej, brunch, déjeuner, apéritifs en terrasse : un lieu de quartier vivant qui cultive avant tout le goût du partage.
Bon Jo vient de boucler sa première année d’existence. “Un an et un mois et demi précisément”, corrige Geoffroy, le sympathique patron du lieu. Car avant même de parler de brunch, il parle de saison, comme un rugbyman qui fait le bilan après le coup de sifflet final. Pas étonnant quand on connaît sa passion pour ce sport qu’il a pratiqué pendant 22 ans. A côté de ça, il travaille à l’international pour de grands groupes cosmétiques, avant que le Covid ne passe par là, et que les avions comme ses activités restent cloués au sol. Lui qui aime « la bonne bouffe, le bon vin et la bonne bière » décide alors d’accélérer un projet qui lui trottait dans la tête depuis longtemps. D’abord serveur dans des restaurants de copains, il devient manager, puis directeur avant de se lancer et de signer pour Bon Jo.
Le lieu était déjà une adresse de brunch (australien pour ceux qui s’en souviennent). Pas question toutefois de reprendre les choses à l’identique. Geoffroy retravaille entièrement la carte, avec plus de produits frais, plus de fait maison, et surtout des prix revus à la baisse. Une équation qui paraît contre-intuitive sur le papier mais qui correspond à son objectif : séduire les habitants du quartier autant que les visiteurs de passage.
Car ce que Geoffroy cherche à recréer, c’est moins un concept qu’une ambiance. L’esprit du rugby n’est jamais très loin. Celui des troisièmes mi-temps où l’on reste attablé longtemps, où les discussions débordent et où personne ne regarde sa montre. Chez Bon Jo, les grandes tablées sont toujours les bienvenues !
Cette philosophie se retrouve aussi dans l’assiette. Le brunch reste l’ADN de la maison, mais il n’est plus seul. Un plat du jour, une salade César et un burger classique ou au poulet permettent de mettre tout le monde d’accord, “parce dans une famille de cinq, il y en a toujours un qui ne veut pas bruncher”, observe Geoffroy avec justesse.
L’été marque une nouvelle étape, lorsque la terrasse prend des airs d’apéritif géant le jeudi soir. Au menu, croquetas, halloumi frit au miel épicé, planches à partager, bière, vin et même depuis peu un cocktail à base de Montmartroise bien fraîche. Là encore, l’idée n’est pas de multiplier les effets de style mais de créer des occasions de se retrouver. Idem lors de la diffusion exceptionnelle des matchs de l’équipe de France pendant la Coupe du Monde de foot : “Le sport rassemble, c’est ça que j’aime”.
Et puis il y a ces petits signes qui comptent davantage qu’une publication sur Instagram : la voisine qui vient chercher son café tous les matins, les habitués qu’il appelle désormais par leur prénom… Un état d’esprit qui lui ressemble autant que celui du quartier, qu’il habite lui-même depuis plusieurs années.
Dans quelques mois, un autre défi l’attend avec l’arrivée de son premier enfant. Ce qui ne l’empêche pas de nourrir secrètement un autre projet : celui d’ouvrir une “bonne brasserie bien typique, bien française, mais c’est encore autre chose et on a le temps !« En attendant, Geoffroy a réussi le pari de créer un lieu où l’on vient manger, bien sûr, mais surtout où l’on a envie de revenir. Et dans la restauration, c’est souvent là que se gagne le match !