Conseil de quartier Montmartre du 26 mai 2026 : la qualité de vie sur la Butte au coeur des débats
Mardi 26 mai avait lieu à l’école Poulbot le premier conseil de quartier Montmartre de la nouvelle mandature. L’occasion de faire connaissance avec les nouvelles équipes, mais également de faire le point sur des sujets qui cristallisent toutes les attentions depuis plusieurs mois déjà.
Mardi 26 mai avait lieu à l’école Poulbot le premier conseil de quartier Montmartre de la nouvelle mandature. L’occasion de faire connaissance avec les nouvelles équipes, mais également de faire le point sur des sujets qui cristallisent toutes les attentions depuis plusieurs mois déjà.
Dès l’ouverture de la réunion, il a été annoncé la volonté de la part des élus de faire évoluer le format des conseils de quartier, jugés parfois trop formel. Il a également été rappelé que chaque année, un budget était alloué à ces conseils, pouvant servir à financer des projets portés par les riverains tels que des spectacles, des festivals ou encore des fêtes de quartier, aucun projet n’ayant été déposé à ce jour pour 2026.
Poubelles, incivilités : la propreté au cœur des préoccupations
Après une brève présentation de la nouvelle équipe municipale, plusieurs habitants ont pris la parole pour exprimer un malaise grandissant face aux nuisances du quotidien à Montmartre. Parmi les préoccupations les plus récurrentes : la propreté. « Il faudrait davantage de poubelles à Montmartre, c’est dégueulasse », lance un habitant, déclenchant plusieurs approbations dans la salle. Les élus reconnaissent l’urgence du sujet et promettent davantage de verbalisation, de nouveaux équipements et une brigade dédiée aux incivilités.
Quand la Butte étouffe sous les flux touristiques
Mais c’est surtout la question du surtourisme qui domine les échanges. Cars stationnés illégalement, groupes imposants, side-cars touristiques, 2CV bruyantes, brocantes envahissantes… Pour beaucoup d’habitants, la pression touristique devient difficilement supportable, décrivant un quotidien totalement saturé.
Face à cette inquiétude, les élus, parmi lesquels Frédéric Badina-Serpette, référent du quartier Montmartre et adjoint en charge du tourisme durable et des relations avec les entreprises, reconnaissent un enjeu majeur et promettent des mesures à venir. Plusieurs pistes sont évoquées : régulation des autocars, réflexion sur les groupes touristiques, encadrement des « mobilités touristiques » ou encore discussions avec le Sacré-Cœur autour d’une éventuelle gestion des flux. Mais les représentants de la mairie se montrent prudents : pas question d’annoncer des solutions irréalistes ou précipitées.
Le débat révèle aussi une ligne de fracture plus sensible : celle entre animation du quartier et tranquillité résidentielle. Quand certains dénoncent les terrasses débordantes, les nuisances sonores ou les fast-foods tournés vers les touristes, d’autres rappellent que Montmartre a toujours été un quartier vivant, populaire et festif. « Je ne suis pas sûr qu’on veuille en faire un quartier dortoir », intervient un habitant né dans le quartier.
Les élus tentent alors de défendre une position d’équilibre. Oui aux terrasses, jugées constitutives de la vie parisienne, mais avec davantage de contrôles et de sanctions pour les établissements abusifs. Oui à l’activité économique, mais pas au détriment des habitants.
La disparition du commerce de proximité inquiète les riverains
Le commerce local constitue d’ailleurs un autre sujet de crispation. Plusieurs habitants regrettent la disparition progressive des commerces de proximité au profit des boutiques de souvenirs et de la restauration rapide. Jean-Philippe Daviau, adjoint au commerce, pointe la flambée des loyers commerciaux, devenue incompatible avec l’installation d’un boucher, d’un fromager ou d’un commerce de quartier classique. La mairie mise désormais sur deux leviers : les locaux détenus par les bailleurs sociaux et un recours accru au droit de préemption pour tenter de préserver une diversité commerciale.
D’autres sujets plus concrets émergent aussi au fil de la soirée : la demande d’une navette électrique pour faciliter l’accès à la butte aux personnes âgées, les tensions autour du caniparc rue Gabrielle, ou encore les difficultés à joindre les services municipaux. À chaque fois, les élus promettent davantage de dialogue et de médiation. En filigrane, une idée revient constamment : Montmartre attire plus que jamais, mais ses habitants veulent continuer à y vivre normalement. Pas seulement y cohabiter avec les flux touristiques.
Les habitants invités à devenir acteurs du quartier
Un autre fil rouge de la soirée a été la volonté affichée des élus de renforcer la participation des habitants dans la gestion du quartier. À plusieurs reprises, ils ont insisté sur l’importance des signalements citoyens pour mieux identifier les nuisances, les problèmes de sécurité ou les établissements problématiques. Application « Dans ma rue », appels au 39 75, échanges par mail avec les services municipaux : la mairie souhaite encourager les riverains à devenir des acteurs directs de la régulation du quotidien. « Nous ne pouvons pas être partout en permanence », ont rappelé les élus, qui voient dans cette participation un moyen d’agir plus efficacement, tout en assurant ne pas vouloir encourager une logique de « délation ». Une manière aussi de répondre à une demande forte exprimée durant la campagne municipale : associer davantage les habitants aux décisions qui concernent leur cadre de vie.
Le prochain conseil de quartier est déjà fixé au 1er octobre. D’ici là, les habitants attendront moins des promesses que des signes visibles d’un changement annoncé comme prioritaire.