« Le cirque, fabrique de l’art moderne » au Musée de Montmartre
Oubliez tout que vous saviez sur le cirque ! Avec sa nouvelle exposition, "Le Cirque, fabrique de l’art moderne", le Musée de Montmartre nous invite à changer de regard sur cet univers haut en couleur, qui a nourri l’imaginaire des plus grands artistes du XXe siècle et a contribué à la naissance de l’art moderne.
Pour raconter cette histoire, l’exposition prend pour fil rouge le cirque Fernando, fondé en 1873, qui deviendra le célèbre Medrano en 1897. Construit à l’angle du boulevard de Rochechouart et de la rue des Martyrs, le lieu est bien plus qu’une piste ; il s’agit d’un vrai bâtiment, qui fonctionne comme un café ou un cabaret ouvert à tous. Les artistes du quartier en sont des habitués. Il y croisent les acrobates, observent les corps en mouvement et y puisent leur inspiration.
Le parcours s’ouvre sur une plongée dans cet univers. On y découvre, entre autres, la maquette de Medrano, des affiches d’époque, les études préparatoires du Cirque de Seurat, mais également 33 dessins réalisés de mémoire par Toulouse-Lautrec pendant son internement, témoignage saisissant de la place qu’occupait le cirque dans son imaginaire.
La deuxième section montre le lien fort qui existe entre les artistes de l’art moderne et le cirque. Les écuyères, les clowns et les acrobates de Medrano ont ainsi nourri l’imaginaire de Picasso, tout comme celui de Fernand Léger, dont l’exceptionnelle toile Le Cirque Médrano, prêtée par le Centre Pompidou, constitue l’un des temps forts du parcours. Un peu plus loin, les œuvres de Marie Laurencin et d’autres représentants de l’École de Paris, artistes célèbres et figures moins connues, donnent toute sa richesse à l’ensemble.
À l’étage, ne manquez pas la carte de 25 “cirques stables” parisiens (dont il ne subsiste aujourd’hui que le Cirque d’Hiver) avant de découvrir la troisième section consacrée aux clowns, et plus particulièrement aux frères Fratellini. Cinq costumes d’époque, d’une beauté incroyable, côtoient la reconstitution de leur loge, véritable salon artistique niché sous les gradins de Medrano.
Une dernière section explore quant à elle la persistance de cet imaginaire dans l’oeuvre des artistes jusqu’aux années 1950, où l’on peut admirer des oeuvres de Matisse, de Chagall ou encore de Calder.
Le parcours se referme sur une image bouleversante : celle d’Annie Fratellini, en costume d’Auguste, posant sur les ruines de Medrano. Après sa dernière représentation en 1963, le bâtiment, racheté par les Bouglione, prend le nom de Cirque de Montmartre, avant que celui-ci ne soit finalement détruit en 1972, un an avant son centenaire… Un gâchis qui rappelle celui de l’Hippodrome de Montmartre au niveau de la Place de Clichy.
Un final mélancolique pour une exposition qui célèbre, elle, la vitalité d’un véritable laboratoire artistique, où se sont inventées de nouvelles formes, de nouveaux regards et une certaine idée de la modernité. Le Musée de Montmartre nous offre une magnifique occasion de redécouvrir le cirque autrement, et surtout de pouvoir admirer dans des conditions ultra privilégiées et souvent originales (gros coup de coeur pour la scénographie) des oeuvres d’artistes majeurs de l’art moderne.
Les enfants pourront quant à eux suivre le parcours, guidés par le clown Boum Boum, grâce aux cartels installés à leur hauteur. Une exposition à voir, à revoir, et dont on ressort forcément des étoiles plein les yeux.
Le Cirque, fabrique de l’art moderne
Du 16 octobre 2026 au 14 février 2027 au Musée de Montmartre
Découvrez les coulisses de l’expo