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Montmartre des poètes

27/03/2026

On parle souvent du Montmartre des artistes en pensant d’abord aux peintres, un peu moins aux poètes… Pourtant, ils furent (et sont encore certainement) tout aussi nombreux à habiter ou fréquenter la Butte, notre quartier, son ambiance et sa situation particulière au dessus de Paris étant une formidable source d’inspiration pour beaucoup. En réalité, si de nombreux poètes ont séjourné à Montmartre au temps de la Bohème, c’est aussi en partie parce que bon nombre d’entre eux étaient aussi critiques d’art. A l’occasion du Printemps des Poètes, nous sommes partis sur les traces des poètes à Montmartre…

On parle souvent du Montmartre des artistes en pensant d’abord aux peintres, un peu moins aux poètes… Pourtant, ils furent (et sont encore certainement) tout aussi nombreux à habiter ou fréquenter la Butte, notre quartier, son ambiance et sa situation particulière au dessus de Paris étant une formidable source d’inspiration pour beaucoup. En réalité, si de nombreux poètes ont séjourné à Montmartre au temps de la Bohème, c’est aussi en partie parce que bon nombre d’entre eux étaient aussi critiques d’art. A l’occasion du Printemps des Poètes, nous sommes partis sur les traces des poètes à Montmartre…

Gérard de Nerval

Gérard de Nerval est l’un des premiers poètes à avoir marqué l’histoire de Montmartre, et nombre de ses poèmes ont été directement inspirés par l’atmosphère si particulière de la Butte. En 1841, il séjourne dans la clinique du Docteur Blanche au 22 rue Norvins, puis rue Pigalle, rue des Martyrs, et en 1846 rue Girardon dans le Château des Brouillards, propriété qui le marquera à jamais.

Jean-Baptiste Clément

Poète engagé, il est connu pour être l’auteur du Temps des Cerises, chanson devenue le symbole de la Commune après que Jean-Baptiste Clément l’ait dédiée à « la vaillante citoyenne Louise, ambulancière de la rue de la Fontaine-au-Roi ». Jean-Baptiste Clémet arrive sur la Butte en 1860, année où le village de Montmartre est rattaché à Paris. Il connaîtra pas moins de 12 adresses successives dans le quartier, depuis le Passage de l’Arcade (aujourd’hui Passage des Abbesses) jusqu’à la rue Lepic en passant par la rue Véron, la rue Saint-Vincent, la rue Constance ou encore la rue Androuet. La place tout en haut de la rue Ravignan porte aujourd’hui son nom.

Paul Verlaine

Verlaine, avant de vivre ses amours passionnées avec Arthur Rimbaud, avait épousé en 1870 une certaine Mathilde Mauté de Fleurville à la Mairie du 18e arrondissement, alors Place des Abbesses. Le couple vécut au 14 rue Nicolet, chez les parents de Mathilde, jusqu’à la naissance de leur fils Georges en octobre 1871. Entre temps, Verlaine a fait la connaissance de Rimbaud, qu’il a même hébergé durant quelques jours, avant qu’il ne quitte le domicile conjugal pour aller vivre sa passion avec son compagnon.

Jehan Rictus

Originaire du Pas-de-Calais, Jehan Rictus (de son vrai nom Gabriel Randon), commence à fréquenter Montmartre au milieu des années 1880. Durant de nombreuses années, il vit dans la rue et fréquente les clochards et autres laissés pour compte qui trouvent refuge dans le Maquis. En 1895, il commence à écrire des poèmes dans un style très populaire, qu’il vient déclamer au cabaret des Quat’z’Arts boulevard de Clichy. Il fréquente aussi régulièrement le Lapin Agile, où il côtoie Max Jacob et Guillaume Apollinaire. Il s’installe alors au 64 rue Lepic où il vivra jusqu’en 1904, puis emménage au 50 où il restera jusqu’en 1913. En 1914, il déménage 8 rue Camille Tahan, où il vivra jusqu’à sa mort en 1933. Le Square des Abbesses porte aujourd’hui son nom.

Paul Fort

Surnommé par ses pairs « le prince des poètes », Paul Fort s’installe vers 1900 au rez-de-chaussée du 68 rue Lepic, dont le jardin deviendra l’atelier de Poulbot. De nombreuses réunions littéraires auxquelles participent Apollinaire, Marie Laurencin et Picasso entre autres se tiendront dans l’ancien café « Au Téléphone » devenu aujourd’hui le restaurant La Mandigotte. Entre 1908 et 1909, vit au 11 rue de l’Armée d’Orient.

Max Jacob

Il y aurait tellement à dire sur Max Jacob, peintre, poète, critique d’art et surtout figure marquante du Montmartre Bohème. Sa première adresse connue dans le quartier est le 33 boulevard Barbès, où il habite alors une mansarde partagée avec son frère Jacques. Il s’installe ensuite au 17 rue Gabrielle, puis au 7 rue Ravignan, où il vivra entre 1907 et 1911. C’est là que le 28 septembre 1909, il eut sa vision du Christ qui le poussa à se convertir au Christianisme. C’est Max Jacob qui donnera son nom au Bateau Lavoir, où vivait son ami Picasso. Il fut l’un des premiers poètes à écrire en prose. C’est à lui que l’on doit le poème « La rue Ravignan »

André Salmon

Ami de Guillaume Apollinaire, Picasso et Max Jacob entre autre, il habite en 1903 une maison au 36 rue St-Vincent, puis il prend un atelier au Bateau Lavoir avant de quitter la Butte en 1909. Il gardera de ses années montmartroises un souvenir pas toujours tendre, mais il a écrit de nombreux textes et poèmes qui constituent un témoignage très réaliste de cette époque.

Guillaume Apollinaire

Bien que n’ayant jamais vraiment eu d’adresse officielle à Montmartre, on sait que Guillaume Apollinaire a beaucoup fréquenté la Butte et particulièrement tous les endroits où il se passait quelque chose, depuis le Lapin Agile jusqu’au Bateau Lavoir, où il se lie notamment d’amitié avec André Salmon et Max Jacob. En 1917, le tout Montmartre assiste à la première des « Mamelles de Tiresias » au 4 rue de l’Armée d’Orient (actuel théâtre Montmartre Galabru).

Pierre Reverdy

Originaire de Narbonne, Pierre Reverdy est accueilli à son arrivée à Paris en 1910 par son ami le peintre Paul Malaterre, qui vit à Montmartre. Il s’installe à l’Hôtel du Poirier, en face du Bateau Lavoir, puis habite avec Max Jacob au 7 rue Ravignan, avant de passer par le Bateau Lavoir puis par le 12 rue Cortot. Considéré comme le précurseur du surréalisme, il est le fondateur de la revue Nord-Sud, du nom de la ligne de métro reliant Montmartre à Montparnasse.

Paul Eluard

La famille de Paul Eluard s’installe au 3 rue Ordener alors qu’il a 17 ans. En 1917, il épouse Gala Diakonova à la Mairie du 18e, puis à la naissance de leur fille, ils vivent avec Max Ernst dans son atelier des Fusains au 22 rue Tourlaque. Il retournera ensuite rue Ordener, avant de trouver un appartement pour Gala au 7 rue Becquerel. C’est à la même période que celle-ci quittera Eluard pour vivre avec Salvador Dali dans ce même appartement. Paul Eluard quittera définitivement Montmartre et le 18e en 1949, après avoir vécu rue Max Dormoy avec sa seconde femme Nusch.

Tristan Tzara

Arrivé en France en 1919, Tristan Tzara se lie très vite d’amitié avec André Breton et Paul Eluard, entre autres. Il est considéré comme le fondateur du dadaïsme. En 1926, il se fait construire une maison au 15 avenue Junot. Conçue par l’architecte autrichien Adolf Loos, la maison, de style moderne et conforme à l’idéal esthétique de Tzara, a été inscrite au titre des monuments historiques en 1975. C’est dans cette maison que naîtra son fils Christophe en 1927.

Boris Vian

En 1953, Boris Vian s’installe dans d’anciennes loges du Moulin Rouge transformées en appartement, au 3e étage du N°6 bis de la Cité Véron, charmante petite impasse bucolique donnant sur le boulevard de Clichy. Il y vit les six dernières années de sa vie avec sa femme Ursula Kubler, danseuse des ballets Roland Petit, qu’il épouse en secondes noces en 1954. Dans cet appartement que l’on peut encore visiter aujourd’hui, le couple organise des fêtes mémorables avec leur voisin de palier, un certain Jacques Prévert… En janvier 1955, Boris Vian effectue l’un de ses derniers tours de chant dans un cabaret voisin et très en vogue : Les Trois Baudets.

Jacques Prévert

En 1954, Jacques Prévert rejoint son ami Boris Vian à Montmartre et emménage au 6bis de la Cité Véron. Les appartements des deux artistes se font face au dernier étage de l’immeuble. Ils partageaient une terrasse donnant sur les toits du Moulin Rouge. Cette terrasse, dite Terrasse des Trois Satrapes était un lieu de rendez-vous incontournable du tout Paris des arts et des lettres dans les années 1950. Raymond Queneau ou encore Miles Davis s’y rendaient alors régulièrement. Depuis le 15 novembre 2013, une plaque est posée au 6 bis Cité Véron pour honorer la mémoire de Jacques Prévert et de Boris Vian.

Bernard Dimey

Bernard Dimey débarque à Montmartre à l’âge de 25 ans et vivra sur la Butte jusqu’à sa disparition en 1981. Il habite successivement rue Ramey, rue Paul Albert, rue Saint-Vincent, rue Cauchois, puis s’installe en 1961 au 13 rue Germain Pilon. C’est ici qu’il trouvera l’inspiration pour écrire ses premiers poèmes et chansons, interprétées par les plus grands noms de la chanson française. Il fréquente assidument les bistrots et autres cabarets du quartier, et devient au fil des années une véritable figure emblématique du quartier, surnommé « l’ogre ». On retrouve quelques une de ses plus beaux poèmes dans le recueil « Soif de Montmartre » illustré en 1993 par Claire Dupoizat.