25 octobre : Ciné-club IRA : Hunger (2008) – Au Nom du père (1993)

– 19h : Hunger (Steve McQueen – 2008  – 92 minutes)

avec Michael Fassbender, Liam Cunningham, Stuart Graham, Liam McMahon

En 1981 en Irlande du Nord, les prisonniers de l’Armée Républicaine Irlandaise provisoire (IRA) entament une grève de l’hygiène puis de la faim pour réclamer leur statut de prisonnier politique à l’Angleterre.

L’artiste plasticien britannique Steve McQueen, exposé dans le monde entier, se met au cinéma avec ce premier film sur l’histoire vraie du militant irlandais Bobby Sands, terroriste pour les uns, martyres pour les autres. Hunger est un ainsi un film visuellement sophistiqué, extrêmement plastique, presque formel, quasiment sans dialogue. Il tourne déjà avec son acteur fétiche Michael Fassbender (qui a perdu 14 kg pour ce rôle), qu’il retrouvera sur Shame (2011) et Twelve Years a Slave (2013). Rien n’est épargné au spectateur : murs couverts d’excréments, urine coulant dans les couloirs, maltraitance des prisonniers, malaise des gardes de la prison, agonie de Bobby Sands. Le film brille malgré tout d’un époustouflant plan-séquence en caméra fixe de vingt-deux minutes entre Bobby Sands et un prêtre atypique qui tente de le dissuader de faire grève. Le brio visuel et esthétique du film a été salué par la Caméra d’Or au Festival de Cannes, parmi d’autres récompenses internationales

– 21h : Au Nom du père (Jim Sheridan – 1993 – 132 minutes)

avec Daniel Day-Lewis, Emma Thompson, Pete Postlethwaite, John Lynch,  Beatie Edney,  Mark Sheppard, Corin Redgrave

En 1974, un jeune délinquant irlandais est accusé à tort d’un attentat de l’IRA à Londres.

Après My Left Foot (1989), Jim Sheridan retrouve Daniel Day-Lewis (qui en avait gagné l’Oscar du meilleur rôle), tous deux irlandais, pour un sujet hautement plus sensible et engagée concernant leur pays, une histoire vraie qui plus est, adapté de l’autobiographie de la victime d’une des plus grandes injustices judiciaires. Tellement scandaleuse de la part des autorités anglaises que personne n’aurait osé l’imaginer en fiction sans cela ! Déjà Daniel Day-Lewis s’impose une préparation excentrique et spartiate, ici de vivre quelques semaines dans une cellule, réveiller tous les quart d’heures par les gardiens, pour mieux vivre son rôle. La descente aux enfers du personnage et de sa famille est absolument bouleversante et intense, sans manichéisme ni démagogie, mais avec pudeur et subtilité. Au Nom du père, passionnant et terrifiant, est couronné de l’Ours du meilleur film au Festival de Berlin, ainsi que d’une pluie de nominations internationales aux Oscars (dont meilleurs film, réalisateur, scénario et acteurs), Golden Globes ou BAFTA. Daniel Day-Lewis ne remporte rien malgré sa prestation plus vraie que nature, mais se rattrapera plus tard avec deux autres Oscars (There Will Be Blood et Lincoln). Il retrouvera même Sheridan dans The Boxer, sur la réinsertion d’un boxeur emprisonné à tort pour un attentat de l’IRA qu’il n’a pas commis !

Publié le 24 octobre 2015 par Le Festin Nu

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75018 Paris


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