HYACINTHE ET ROSE

Le 08 septembre 2015

Auteur :  FRANÇOIS MOREL
Avec :  François MOREL et Antoine SAHLER

Un jour, Martin Jarrie, peintre, illustrateur m’a fait visiter son atelier. Sur les murs, étaient exposés des grands portraits de fleurs. Pour les accompagner dans un livre, j’ai écrit un texte. L’histoire d’un petit parisien venant chez ses
grands parents chaque été. Le grand-père s’appelle Hyacinthe, il est coco. La grand-mère s’appelle Rose, elle est catho. Ils ne sont d’accord sur rien mais l’amour des fleurs les réunit. Je me suis souvenu, j’ai inventé, je me suis amusé. J’ai tenté d’associer chaque fleur à un souvenir d’enfance. A l’occasion de lectures publiques, j’ai remarqué que cette enfance pour partie imaginaire, trouvait des échos chez de nombreux auditeurs, surpris que leur propre histoire, un peu condensée, un peu déplacée, comme dans des rêves, puisse être racontée et même susciter un intérêt ému, réjouissant. J’ai eu envie de renouveler et d’améliorer l’expérience. J’ai demandé au musicien Antoine Sahler de s’interroger avec moi sur l’avenir des fleurs. J’ai demandé au scénographe Edouard Laug de photographier des ciels, de fixer des cieux, ceux que l’on regarde pour prévoir le temps qu’il va faire, ceux que l’on observe pour s’interroger sur notre présence terrestre

Extrait
« C’est bien simple : Rose et Hyacinthe, mariés depuis quarante-cinq ans, ensemble depuis toujours, ne s’entendaient sur rien. Hyacinthe et Rose. Rose et Hyacinthe.
Hyacinthe était coco, Rose était catho. Hyacinthe aimait boire, Rose aimait manger. Hyacinthe aimait la bicyclette, la pêche à la ligne, le vin rouge, la belote et les chants révolutionnaires. Rose préférait les mots-croisés, le tricot, l’eau de Mélisse, les dominos et les cantiques.
Hyacinthe aimait traîner… À table, au lit, au bistrot, avec les copains, sur un banc, dans un champ, sur les talus, à observer les nuages…
« Tu n’es qu’un Père Traînard » lui disait Rose qui était toujours la première debout, la première couchée, la première assise à table, la première levée de table, le repas à peine terminé déjà devant l’évier à nettoyer sa vaisselle.
« Madame Gonzales » l’avait surnommé Hyacinthe. En souvenir de Speedy. Ils avaient dû s’aimer mais c’était il y a longtemps. Il est même probable qu’ils aient pu faire l’amour. L’existence d’une descendance de douze enfants, de neuf petits-enfants le laisserait fortement supposer.
Moi, j’étais un de ces neuf. Chaque année, le petit parisien que j’étais venait à la campagne dans le but de se refaire une santé. Mon enfance est remplie de vaches, de bouses, de rivières, de chênes séculaires, de toiles cirées, de cidres bouchés, de poules dans les cours, de pots de confitures sur les armoires. Et d’hortensias bleus. Et de camélias blancs. Et de rouges coquelicots. Et de tulipes multicolores.
Parce que le seul sujet qui réunissait notre mémère abondante et notre rouge papy, c’était l’amour des fleurs.
Tous les souvenirs, toutes les sensations, toute la connaissance, toutes les émotions que je garde de mes grands-parents sont liés aux fleurs. Toutes mes pensées… »

Du mardi au samedi à 19h00 Matinée le samedi à 17h00 Durée du spectacle : 1h10

La place en 1ère catégorie à 29,10EUR au lieu de 35,10EUR 

Réservations directement au guichet ou au 01 46 06 49 24 en vous recommandant du code "VOISIN"

 

 

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Publié le 16 octobre 2015 par Théâtre de l'Atelier

Théâtre de l'Atelier

1 Place Charles Dullin

75018 Paris

M° Anvers ou Abbesses

01 46 06 49 24

Ouvert aujourd'hui : 19:00 - 23:00


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