On purge bébé

Du 13 octobre 2020 au 20 novembre 2020

De Georges Feydeau

Mise en scène : Émeline Bayart

Avec :

  • Eric Prat – Émeline Bayart
  • Manuel Le Lièvre – Valentine Alaqui
  • Thomas Ribière – Delphine Lacheteau
  • Manuel Peskine au piano

Résumé :

C’est la rencontre entre un couple qui vit une scène de ménage mémorable et hilarante (Julie/ Follavoine) et Chouilloux, haut fonctionnaire de l’Etat qui doit statuer sur le sort des pots de chambre pour l’armée française. Follavoine détient le brevet de la porcelaine incassable et a donc invité Chouilloux à déjeuner pour emporter le contrat. Chouilloux est cocu,c’est de notoriété publique, et la pièce vire au cauchemar burlesque lorsqu’il apprend son infortune conjugale puis que sa femme apparaît avec son amant Horace Truchet. Pour couronner le tout, Toto, 7 ans, fils tyrannique des Follavoine, constipé pour l’heure et contrariant beaucoup sa mère qui ne parvient pas à le purger achève de faire courir tout ce beau petit monde vers la maison des fous.

Note d’intention :

À travers le huis clos infernal, la comédie de moeurs irrésistible, je souhaite révéler (entre la porcelaine qui explose et les couples qui volent en éclat), la frénésie des corps, des coeurs et des âmes au bord de la crise de nerfs. Je souhaite pousser le curseur de l’humour à son paroxysme en réintégrant un usage  qui s’est perdu depuis 1864: les couplets chantés dans les vaudevilles. En effet, lorsque les différents protagonistes cessent de dialoguer au risque de s’entretuer, j’ouvre une sorte d’antichambre métaphorique à travers laquelle ils peuvent exulter au public, par le biais de la chanson, tout ce qu’ils ne peuvent pas dire à l’autre. Forte de mon expérience de comédienne-chanteuse et des récitals que j’ai créés notamment à l’Opéra Comique, j’ai exhumé des perles de la chanson française, écrites autour de l’époque de Feydeau afin qu’il n’y ait pas de discontinuité de registre de langage. Ces pépites chantées, placées à propos, révèlent ainsi l’inconscient des personnages, inconscient qui se révèle délicieux, grinçant, parfois cruel mais jamais dénué d’humour poétique. La musique occupe donc une place importante, parfois elle va jusqu’à faire vibrer les personnages au sommet de leur folie et peut ainsi rappeler l’univers expressionniste de certains films muets.
Et pour donner le « La », voici un avant-goût de la température des comédiens sur notre scène sans mauvaise grippe ni vilain covid:
« Parce qu’il faut se dire que ce sont des tragédies à l’envers, parce qu’il faut avoir la respiration de ça, il faut avoir le diaphragme de ça, il faut avoir la chaleur de ça, il faut avoir la fièvre de ça, il ne faut pas jouer ça ayant 37,2°C mais 38,9°C, il faut se dire que la catastrophe est imminente à chaque moment. » Alain Feydeau (petit-fils de Feydeau), comédien, dans Violaine Heyraud et Ariane Martinez , Le Vaudeville à la scène.
Emeline Bayart

Georges Feydeau … (1862-1921)
Feydeau, maître incontesté du Vaudeville, vient de se séparer de sa femme lorsqu’il écrit On Purge Bébé. Il a élu domicile dans une chambre de l’Hôtel Terminus à Paris où il a installé peintures et objets d’art. Feydeau,, joueur invétéré de Baccara, dépensier, noctambule et grand mélancolique, dîne et prolonge ses soirées presque tous les soirs chez Maxim’s. On le voit même errer au petit matin, tant il souhaite repousser l’heure du coucher. Ainsi, Cocteau raconte :  « Lorsque j’étais très jeune et que je rentrais chez moi, il m’arrivait de m’arrêter à la terrasse de Maxim’s où m’attirait un homme étrange. C’était Feydeau. Considérable, le col du pardessus relevé, la moustache fine, il soulevait d’une main molle jusqu’à sa bouche sinueuse, un cigare énorme. Je le conduisais souvent jusqu’au kiosque du marchand de journaux de la gare Saint-Lazare, avec lequel il conversait jusqu’à l’aube… ».
Feydeau a commencé à écrire cent millions qui tombent ( vaudeville en trois actes qui restera inachevé) mais fort du succès de Feu la Mère de Madame, pièce en un acte qui se joue à partir de 1908, il délaisse son projet ambitieux pour une comédie de moeurs qui fouille et dépeint presque jusqu’à la farce une famille de la bourgeoisie moyenne au centre de laquelle trône Toto, 7 ans, enfant roi et tyrannique. C’est la première fois qu’un enfant occupe une place aussi importante dans son théâtre. Feydeau s’inspire-t-il de son fils Jean-Pierre (7 ans également au moment. de la réalisation de la pièce), petit dernier d’une fratrie de quatre enfants? Ou se souvient-il de sa propre enfance et propose-t-il en Toto le gamin dont il croit se souvenir?
Feydeau se plaît dans cette pièce à s’étendre sur la scène de ménage (la moitié de la pièce): prend-il le contrepied comique des nombreuses altercations vécues avec son épouse? Il prend plaisir à mélanger la sphère privée et la sphère publique: alors que se trame une négociation importante entre Chouilloux (haut fonctionnaire de l’Etat) et Follavoine (fabricant de porcelaine), Julie débarque en négligé, contrariée parce que son fils ne veut pas se purger… On apprend que Chouilloux est cocu et qu’il a un problème « d’intestins relâchés »…
Il nous livre ici une pièce de maturité qui propose des personnages haut en couleurs aux contours précis ⎯ rappelons que Feydeau était peintre également⎯ Avec On purge Bébé, il parvient à plonger le spectateur dans le tourbillon drolatique, poétique et frénétique de ses personnages inspirés de la bourgeoisie de la Belle Epoque à travers le prisme de son génie vaudevillesque.

À partir du mardi 13 octobre 2020

Relâches : Du mardi 3 au jeudi 5 novembre inclus – Mardi 10 novembre

Du mardi au samedi : 19h
Le dimanche : 15h
Durée : 1h20

Catégorie 1 : 39€ – Catégorie 2 : 29€ – Catégorie 3 : 19€

JE RÉSERVE

-

Publié le 7 juillet 2020 par Théâtre de l'Atelier

Théâtre de l'Atelier

1 Place Charles Dullin

75018 Paris

M° Anvers ou Abbesses

01 46 06 49 24

Ouvert aujourd'hui : 19:00 - 23:00


Théâtre de l’Atelier
1 Place Charles Dullin 75018, Paris
M° Anvers ou Abbesses